Partager l'article ! La Kabylie est ma meilleure carte d'identité: KARIM AKOUCHE, JEUNE POÈTE, ROMANCIER ET DRAMATURGE ...
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KARIM AKOUCHE, JEUNE POÈTE, ROMANCIER ET DRAMATURGE
«Les mots sont un exutoire contre les affres de l'exil»
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Karim Akouche est un jeune poète, romancier et dramaturge kabyle.
Il vit à Montréal depuis octobre 2008. En août de la même année, il publie en France aux éditions PIT son premier roman, «Les baisers du fantôme».
Depuis, il a écrit des nouvelles, des poèmes, un nouveau roman, «Nos oiseaux meurent au printemps» et deux pièces de théâtre, «Dieu est une femme» et «Les larmes de l'aube».
François- Jacques Giraud, Prix mondial de l'Éducation à la Paix de l'UNESCO 1997, qualifie le style de Karim Akouche de «profus jusqu'à l'exceptionnel» lequel «conduit le lecteur par les descriptions minutieuses, étonnamment riches, qui font penser à Proust, à la complexité infinie des sentiments...» Nous l'avons sollicité et s'est livré volontiers à nos lecteurs. Le Courrier d'Algérie : Pouvezvous vous présenter à nos lecteurs ? Karim Akouche : (-) Habituellement, je préfère ne pas parler de moi; car, à mon sens, ce qui est important chez un auteur, ce n'est nullement sa personne, mais son oeuvre. L'écrivain est minuscule devant son livre. Toutefois, pour ne pas esquiver votre question, je dirai que je suis jeune poète, dramaturge et romancier. Parlez nous de Karim Akouche, l'écrivain, le citoyen !
Un jeune homme somme toute ordinaire qui souhaiterait, en toute modestie, mettre son amour des mots et sa passion qui l'anime au service de la bonté, la beauté, la justice, la liberté et
la paix.
Ma religion s'appelle littérature. Autrement dit, je n'ai d'yeux que pour les mots; je passe le plus clair de mon temps à les combiner, à les apprivoiser, à la amadouer. Loin des miens, ils me sont une sorte d'exutoire contre les affres de l'exil. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ? Peut-être mon inconsistance, la fragilité de l'homme que je suis. Peut-être aussi la peur du vide, de l'avenir, de la mort. J'écris pour ne pas perdre le combat contre le néant. La vie est trop courte. En un claquement de doigts, le tour est joué. Je crois que j'ai choisi la littérature parce que la vie ne me suffit pas. J'écris alors pour ne pas mourir. La littérature est le seul moyen qui est susceptible d'apporter des réponses, plus au moins, satisfaisantes aux questions existentielles que se pose l'Homme. Elle a au moins le mérite de supplanter la science et de détrôner la religion. La religion ne se pose pas la question, par exemple, de savoir si l'homme avait choisi de naître ou non, ou si on l'avait préalablement consulté ou non à ce sujet. Elle s'interdit de se poser ce genre de questions, car elle a horreur du blasphème comme la science du sentiment. La littérature c'est tout le contraire, elle est synonyme de liberté, de vérité, de vérités. Pour elle, la vérité absolue n'existe pas. Chacun, sa petite vérité. La Vérité, la véritable, est impénétrable. L'art est le seul champ où se marient le sacré et le profane : l'inaccessible, l'indisponible, celui qui est objet de dévotion et de peur, et celui qui a trait au divin… L'oeuvre d'art naît quand le sacré et le profane se piétinent, se disputent, s'enchevêtrent…
Alors, qu'est-ce qui vous inspire ?
Le doute, la vie, la mort, mon identité, l'histoire, la femme, l'enfant, la mère, la guerre, la nature, les livres, etc. Tout ce que je vois, ressens, touche, entends, est susceptible de m'inspirer. Les thèmes que je traite dans mes livres s'imposent presque d'eux-mêmes. En littérature, tous les thèmes se valent. Il ne doit y avoir de sujets de prédilection pour l'écrivain. Sa mission, sa seule mission, consiste à s'adresser aux sens, aux émotions et à l'intellect, et le reste vient après. Faulkner avait situé la plupart de ses récits dans le fin fond du Mississippi, ce qui n'a pas empêché son oeuvre de conquérir le concert mondial des lettres. Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun, quoi qu'il retrace une vie simple de par les gens qui en sont les personnages, est une oeuvre universelle. Pouvez-vous nous parler davantage de vos livres ? J'ai publié mon premier roman en France en 2008, Les baisers du fantôme, aux éditions PIT (Pax In Terris). C'est une sorte d'ode à l'amour. Un drame shakespearien où l'innocence a réussi à triompher miraculeusement sur la violence. Dans ce roman, il y a l'égarement et l'aventure, la bêtise et la bonté, le dogme et la liberté, le bruit et la quiétude. Ce roman est tout cela à la fois, une lutte acharnée entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres. J'en ai écrit un deuxième que j'ai intitulé « Nos oiseaux meurent au printemps », deux pièces de théâtre, « Allah est une femme » et « Les larmes de Laube » ; la première traite des droits de la femme dans le monde et la deuxième de l'immigration clandestine. Quels sont vos projets ? Actuellement je travaille sur un autre roman. Dans un avenir proche, je mettrai sur pied une troupe théâtrale à Montréal. J'ai déjà rencontré des personnes passionnées et motivées, prêtes à relever ce défi, avec moi. La troupe s'appellera probablement « La Traversée ». Je me permets de lancer, via cette tribune, un appel aux passionnés du quatrième art, résidant à l'île de Montréal, afin de venir se joindre à nous pour nous accompagner dans cette belle aventure. Quels sont les poètes et les auteurs qui vous inspirent souvent ? Tous les poètes qui ont mis leur âme dans leur oeuvre m'inspirent. Je peux citer : Maïakovski, Wilde, Neruda, Hikmet, Darwich, Machado, Césaire, Lorca, Matoub, etc. J'aime également les romanciers qui peignent par les mots, qui « étudient les hommes comme on étudie d'étranges insectes » : les Feraoun, Djaout, Mimouni, Kundera, Mammeri, Goethe, Kateb, Camus, Sartre, Gary, Comac McCarthy, Oz, Dostoïevski, Tolstoï, Nabokov, Gogol… Mann, Faulkner, Steinbeck, Flaubert … La liste est longue!
Un message pour les gens qui luttent chaque jour pour la prospérité de notre culture… Ils ont mon admiration.
Je suis fasciné par leur courage et leur abnégation. Les hommes qui luttent pour notre culture et notre liberté sont mille fois plus intéressants que ceux qui luttent pour euxmêmes. Leur combat est des plus nobles, car il est la lutte de la mémoire contre l'oubli, de la raison contre la mystification. Si je vous dis la mère…
Je pense naturellement à ma mère, et, à travers elle, à toutes les mères kabyles.
Ces braves femmes qui, pour la plupart, n'ont jamais mangé à leur faim et qui, malgré la sécheresse dévorant leurs seins, ne nous ont jamais sevrés de leur lait aux mille vertus. La femme…
Dieu serait une femme tant que l'homme feigne toujours d'ignorer qu'il n'est pas Dieu.
La poésie…
La poésie est le summum de la littérature.
La poésie ne demande pas l'intelligence, mais l'intuition, le souffle et la grâce. La Kabylie…
L'Homme s'identifie à ses racines, à sa famille, à sa langue, à son histoire.
Bref, à sa terre natale, qui est, à mon sens, sa meilleure carte d'identité. Conclusion : où que je sois, où que j'aille, je porte la Kabylie dans mes tripes. |
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Entretien réalisé par Hafit Zaouche
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Avec une jeunesse comme vous, avec cet amour que vous portez pour votre culture, je ne craint rien pour elle, car elle vit en vous.
Vous êtes, le digne fils de Matoub